Coronavirus et économie : comment s’annonce la saison estivale en Corse ?
Coronavirus et économie : comment s’annonce la saison estivale en Corse ?

L’économie corse est fortement dépendante de son tourisme. Ce secteur, qui pèse pour près de 30% dans l’économie insulaire, a été mis à mal par la pandémie de Covid 19. Entre espoir et catastrophisme, beaucoup se demandent comment se présente cette saison. Nous avons mené l’enquête. En voici les 1er résultats

Une saison particulière à plusieurs égards


La saison touristique dure dans le pourtour méditerranéen de mai jusqu’à septembre / octobre. Cette année, la pré saison est à oublier. Entre crainte sanitaire et confinement forcé, l’avant saison n’a pas eu lieu.

Depuis le déconfinement chaque entrepreneur guette les signes de reprise (ou pas). Les premiers chiffres sont tombés et le mois de juillet est, pour le moment, nettement moins bon que l’année dernière.

Au niveau du transport maritime, l’activité est en légère baisse par rapport au mois de juillet 2019. Les taux de remplissage des bateaux avoisinent les 90% mais leur capacité est nettement réduite du fait des mesures sanitaires. Ainsi, des bateaux de 700 places sont actuellement plafonnés à 400 voyageurs.

Au niveau aérien, les résultats sont encore plus mitigés. Là aussi, l’activité est en baisse, et le bilan n’est pas identique pour tous. L’aéroport d’Ajaccio, tire son épingle du jeu avec une baisse contenue à 20% contre 40 à 45% pour Bastia et Calvi.

Toutefois, eu égard au doute qui a plané jusqu’au mois de juin, ces chiffres ne sont pas si mauvais et permettent d’entretenir l’espoir d’une saison sauvée in extremis.

Le portrait robot du vacancier


Ce sont essentiellement des familles. Le vacancier type arrive du continent pour y séjourner en moyenne deux semaines. La Corse bénéficierait d’un report d’une certaine demande habituée à passer ses vacances à l’étranger qui préfèrera cette année rester dans l’hexagone.

Des signes de reprise en matière d’immobilier …


Nous n’avons pas encore de recul précis sur les effets du Covid néanmoins certains signes permettent de tirer les premiers enseignements. L’activité semble être repartie après cette pause contrainte.

Ce bon redémarrage est, en partie, le fruit d’un rattrapage qui fait suite aux deux mois d’arrêt.

Chose surprenante, le baromètre Seloger a enregistré un prix moyen de vente au niveau national, de 3.600 euros du m2 contre 3.400 euros en janvier soit une augmentation de plus de 5%.

Toujours selon Seloger, les investisseurs croient en la pierre. Alors que la Bourse a dévissé, 82% des sondés, envisagent l’immobilier comme une valeur refuge.

En ce qui nous concerne, nous constatons toujours une forte demande de maisons et d’appartements à la vente sur certains secteurs. Les biens vue mer sont toujours très prisés, que ce soit sur la route des Sanguinaires ou la Rive Sud d’Ajaccio. Le quartier des Etrangers, comme Aspretto sont également très appréciés.

Mais attention à la rechute


Le marché s’est donc maintenu et a même progressé. Toutefois, sur un plan économique, le pire est peut être à venir. Hausse du chômage, et resserrement des conditions d’obtention des crédits risquent de peser sur la demande dans les mois à venir.

L’automne devrait donc arriver avec son lot de réponses et pourrait venir doucher cette légère euphorie.

Le mot de la direction à ce sujet


Jean Pierre FANTONI : « durant le plus fort de la crise sanitaire, et comme tous commerçants, nous nous sommes interrogés sur l’après confinement. Nous en avons profité pour nous former avec l’ambition de revenir plus performants. Deux mois après la reprise, nous avons de bons retours et l’activité se maintient à un niveau positif avec une importante demande qui semble ne pas se démentir.

Reste néanmoins à savoir comment vont réagir les partenaires bancaires. En effet, si les intentions d’achat sont là, il faudra maintenant aux acheteurs obtenir les financements pour concrétiser leur volonté d’acquérir. A ce niveau, nous sommes actuellement en attente des premiers retours mais la conjoncture demeure quoiqu’il en soit très encourageante. »